Manifeste lesbien 1999

L'ABCD de l'Egalité que le gouvernement met en place dans les écoles est inspiré du Manifeste lesbien de 1999. Jugez vous-mêmes !

Manifeste lesbien 1999

par Alia Rondeaux et Sophie Courtial-Destembert

Demander l’égalité législative pour les couples de même sexe et les couples de sexe différents, suffit-il aujourd’hui à répondre à nos attentes ?

Ces derniers mois nous avons été plongées dans un incessant bouillonnement politique et culturel concernant les gais et lesbiennes, ceci grâce au PaCS. En tant qu’homosexuelles, nous avons constaté l’absence de la problématique lesbienne dans les propositions politiques des associations militantes, lors des débats à l’assemblée et dans les médias. Nous sommes des femmes et, à ce titre, nous subissons les discriminations faites aux femmes. Au carrefour de ces deux spécificités nous avons eu l’idée de ce manifeste.

Il est articulé autour des discriminations sexistes, lesbophobes et homophobes dans la vie quotidienne, le travail, les législations concernant les alliances, la parentalité et dans la politique de santé.

Nous nous limitons aux périmètres féministe et lesbien, sans intégrer d’autres revendications politiques. Nos propositions vont cependant dans le sens d’une plus grande justice, d’une plus grande liberté et d’une société plus équitable.

CONTRE LE SEXISME, LA LESBOPHOBIE, L’HOMOPHOBIE

Les rôles homme/femme, produisent de nombreuses discriminations qui s’expriment :

  1. Par une difficile visibilité des femmes. Les rôles sociaux imposés aux femmes sont toujours présents à nos esprits, mais les études sur leur vie manquent. Quand elles existent, ces études n’ont pas de diffusion suffisante. Il y a donc un effacement de la réalité des femmes, de leur existence, au profit de stéréotypes.
  2. Par une difficile visibilité des lesbiennes. Là aussi les études sur les lesbiennes manquent.
  3. Par le déni du lesbianisme, principale forme de lesbophobie. Elle a pour double origine le déni de la sexualité des femmes et le refus d’une sexualité indépendante des hommes.
  4. Par des interdits selon les sexes : la société construit des genres “ imposés ”, des rôles, des modèles de dépendance des femmes aux hommes.
  5. Par une instrumentalisation des femmes en leur imposant un rôle de mère.

Des mesures pour une visibilité des femmes

Aussi proposons-nous de rendre visibles les actions des femmes, leur engagement dans la société, leurs avancées sociales ou les discriminations subies et leurs stratégies politiques par :

  1. La réalisation de statistiques sexuées dans tous les domaines.
  2. L’intégration de l’histoire des femmes, du féminisme, dans l’enseignement primaire et secondaire.
  3. La création et le développement des chaires d’études à l’université sur les femmes (le féminisme, les discriminations sexuelles faites aux femmes, la culture ...).
  4. La mise en place de lieux dédiés à l'histoire et à la culture des femmes (centre culturels, musées...).
  5. La féminisation des mots désignant les titres, grades, métiers et fonctions.

Des mesures pour la visibilité des lesbiennes

Nous proposons de rendre visibles les lesbiennes par :

  1. La réalisation de statistiques intégrant le lesbianisme.
  2. La visibilité de l’homosexualité des artistes et des politiques dans l’enseignement primaire et secondaire (cours d’histoire, de français ...).
  3. La création et le développement des chaires d’études à l’université sur le lesbianisme, l’homosexualité et la construction des genres.
  4. La reconnaissance officielle les persécutions infligées aux gais et aux lesbiennes dans l’Histoire et en particulier leur déportation lors de la seconde guerre mondiale.
  5. La mise en place de lieux dédiés à l'histoire et à la culture des homosexuel-les.

Des mesures contre la haine et les insultes sexistes, lesbophobes et homophobes

Les modèles sexués créent des identités différentes, celles-ci sont d’autant plus fortes que les avantages et interdits liés à ces modèles sont tranchés.

Les phénomènes identitaires créent alors de la peur, de la haine et du mépris envers tout ce qui pourrait remettre en cause ces modèles sexués. Vis à vis des lesbiennes, la lesbophobie exprime le déni d’une sexualité indépendante des hommes. Vis à vis des gais, l’homophobie exprime la haine d’un sexe qui n’est plus associé à une sexualité dominante.

Dans tous les cas, les catégories de genre imprègnent l’homophobie et la lesbophobie, différemment mais tout aussi violemment.

Plus spécifiquement la lesbophobie s’exprime par :

  1. Le déni, l’effacement d’une sexualité entre femmes, indépendante des hommes.
  2. Des violences à l’encontre des lesbiennes, prenant sens du rétablissement impossible de la dépendance de la femme à l’homme (le viol notamment).
  1. La mise à l’écart des lesbiennes, considérées comme personnages sociaux de dernière catégorie. Le centre des relations reste tout d’abord le rapport d’un homme à une femme puis d’un homme à un homme ; le lesbianisme se déclinant accessoirement autour d’un centre masculin (films pornographiques…). Les hommes restent encore la norme, la référence.

De plus, les lesbiennes se retrouvant au chômage ou avec de très faibles revenus (temps partiel imposé...) sont souvent plus pauvre que les hétérosexuelles qui peuvent bénéficier de la solidarité familiale. Cette solidarité peut ne plus exister pour les lesbiennes ou les gais, rejetés par leur famille. L’orientation sexuelle devenant alors une discrimination supplémentaire qui aggrave une situation précaire.

Nous proposons les lois suivantes :

  1. L’inscription du libre choix de la sexualité parmi les principes fondamentaux de la République (code civil).
  2. Une loi anti-sexiste au même titre que le racisme.
  3. Une loi contre la lesbophobie et l’homophobie au même titre que le racisme.
  4. Une loi qui oblige au respect des droits de la personne dans les médias, la publicité et les éditions pour enfants :
  5. Aucune personne des deux sexes ne doit être utilisée indûment, en tout ou en partie, de manière à être réduit à une décoration ou à un objet sexuel.
  6. Aucune personne des deux sexes ne doit être représentée sans nécessité comme un être faible ou inférieur à l’autre sexe ou montrée dans un état de dépendance émotive à l'égard de l'autre sexe.
  7. Aucune personne des deux sexes ne doit être représentée de manière à ce que ses capacités intellectuelles ou physiques soient dévalorisées par rapport à l’autre sexe.
  8. L'égalité des sexes doit aussi être reflétée au niveau de la répartition des rôles parentaux et sociaux : économique, hiérarchique, politique…

Nous proposons une politique d’information d’éducation et de vigilance :

  1. Par des formations et informations sur l’homophobie et la lesbophobie :
  2. Au sein des professions susceptibles d’agir sur ces discriminations : enseignant-e-s, éducateur-trice-s, médecins, policier-e-s, magistrat-e-s, journalist-e-s, personnel de l'administration…
  3. A la disposition des parents et des futurs parents afin qu'ils puissent réagir sans drame lorsqu'ils prennent connaissance de la sexualité de leur-s enfant-s, en particulier de leur homosexualité
  4. Par l’élargissement du champ des lois anti-discriminatoires :
  5. Pas de discriminations des associations gaies et lesbiennes dans les subventions, leurs agréments et dans leurs fonctions au sein des municipalités.
  6. Pas de discriminations dans les médias en catégorisant l’homosexualité en pornographie.
  7. Pas d’assimilation à une déviance ou à de la pédophilie.

Des mesures pour une société non normative en genres

Nous demandons une éducation non normative en “ genre ” féminin/masculin : ne réservons pas par exemple aux garçons certains jeux. S’il existait des natures féminine et masculine, la liberté donnée ainsi aux enfants ne les contrarierait pas. Si ces natures n’existent pas, il n’y aura pas alors de discriminations.

Les modèles sociaux, règles et interdits qui constituent l’éducation normative en genre, incitent les jeunes femmes à s’investir dans certains métiers plutôt que dans d’autres, à assurer certains rôles plutôt que d’autres. Ainsi, lorsque nous comparons les salaires moyens des femmes et des hommes et leurs métiers respectifs, il existe un écart important. Ces modèles désavantagent et discriminent les femmes.

La remise en cause des genres suppose des actions d’envergure dans le domaine éducatif, ceci dès le plus jeune âge. L’influence de l’entourage de l’enfant, c’est-à-dire la famille et les éducateur-trice-s est primordiale dans la formation de l’identité sociale. Cet entourage propose des modèles sexués. Les faits et gestes de l’enfant sont interprétés différemment s’il s’agit de garçons ou de filles. On n’attend pas les mêmes réactions selon le sexe de l’enfant, on n’offre pas les mêmes moyens de jeux, d’apprentissage. Aussi, y a-t-il lieu de sensibiliser les parents et les personnels éducatifs sur ce que ces attitudes impliquent pour le développement de l’enfant.

Nous dissocions les notions de sexe, de genre et de sexualité. La confusion de ces trois notions et les modèles que cette confusion génère créent des interdits pour chacun-e. Aujourd’hui, ces modèles sociaux interdisent des champs d’actions aux femmes et impliquent leur dépendance unilatérale aux hommes, économiquement et affectivement. Nous ne pensons pas qu’il existe des natures “ féminines ” et “ masculines ” attribuées respectivement aux femmes d’une part et aux hommes d’autres part. Devons-nous répéter que les homosexuel-le-s ne changent pas de genre en vivant leur sexualité (une gouine n’est pas “ un camionneur ” et un pédé n’est pas une “ femmelette ”) ? Nous ne prônons pas non plus l’avènement un troisième genre, ce qui serait de nouveau recréer des modèles et aller à l’encontre de la liberté de chacun-e. Nous sommes partisanes d’une société non genrée.

Nous proposons des mesures d’éducation et d’information contre les discriminations liées au genre et aux sexualités :

  1. Formations sur une éducation non normative en genre au sein des enseignants, par leur sensibilisation aux attitudes différentes selon le sexe de l’enfant et aux conséquences discriminatoires de celles ci.
  2. Par des campagnes d’information sur une éducation non normative en genre, à destination des parents et des futurs parents, en les responsabilisant sur les conséquences des modèles et interdits liés au genre pour les choix personnels et professionnels de leurs enfants.
  3. Par des cours d’éducation civique élargis à l’apprentissage de la tolérance envers les minorités, où le lesbianisme et l’homosexualité seraient présentés comme étant une des sexualités possibles au même titre que l’hétérosexualité.
  4. Dans l’enseignement, par une attention toute particulière portée aux mots et aux expressions employés, le langage entretenant une situation de fait dans les cours et dans les manuels scolaires.
  5. Par des campagnes d’informations dans les écoles sur les filières et les métiers scientifiques et techniques particulièrement à l’intention des filles en les corrélant à une politique d’encouragement auprès des entreprises.

Nous proposons à court terme des mesures pour une plus grande liberté et protection de la vie privée de l’individu-e :

  1. Une loi permettant aux transsexuels d’obtenir sans action judiciaire leur changement de sexe à l’état civil
  2. Une loi permettant aux transsexuels de choisir leur genre et leur prénom à l’état civil sans obligation d’adéquation au sexe biologique.

Souhaitant une société non genrée, nous proposons à terme des mesures :

  1. pour que le sexe de la personne soit une information confidentielle avec, entre autres, la disparition de cette information sur les papiers d’identité.

Des mesures contre l’instrumentalisation des femmes

Nous demandons à ce qu’au niveau européen des mesures soient prises pour l‘application de la libre disposition de son corps :

  1. Que le trafic d’êtres humains et le proxénétisme soient considérés comme un crime passible des plus lourdes peines, au même titre qu’un homicide,
  2. Que des centres d’accueil et de réinsertion pour les femmes voulant quitter la prostitution soient mis en place.
  3. Que des mesures soient prises contre toutes les violences notamment les violences dans le milieu familial (femmes et enfants battus, viols entre conjoints, viols par inceste...), les mutilations sexuelles et les violences physiques et morales.
  4. Par le développement de structures d’accueil et d’espaces de parole dans les écoles, les lycées, les centres sociaux...
  5. Par le durcissement des législations réprimant les violences dans le milieu familial et les mutilations sexuelles.

Solidarités internationales

L’union Européenne, de par sa place maintenant majeure dans la communauté internationale, peut et se doit de faire pression sur les pays transgressant la charte universelle des droits de la personne humaine, particulièrement en ce qui concerne les femmes, les lesbiennes et les gais .

Concernant les femmes, trop de pays les considèrent encore comme une sous-humanité à laquelle aucun droit ne peut être accordé. Ces pays pratiquent un véritable apartheid vis-à-vis d’elles. Nous proposons différentes formes d’ingérence humanitaire dans ces pays.

Pour une politique de solidarité :

  1. Par la reconnaissance du droit d'asile pour toutes les personnes persécutées dans leurs pays, pour des raisons liées à leur orientation sexuelle ou à leur sexe.
  2. Par des mesures contre les pays qui autorisent les violences contre les femmes ou qui n’appliquent pas les conventions internationales des droits humains.
  3. Par des moyens accrus attribués au tribunal pénal international contre les crimes de guerre.

LE TRAVAIL SANS DISCRIMINATIONS SEXISTES ET HOMOPHOBES

Les femmes sont encore trop souvent réduites à jouer le rôle de mère, situation entretenue par l'inégale répartition des métiers et des postes à responsabilité entre les sexes. Cette inégalité permettant aux hommes d’exercer plus de métiers valorisants et lucratifs, ce qui, une fois de plus, renvoie les femmes à leur foyer. Enfin, les femmes comme les hommes refusent de s’orienter vers des métiers à majorité de sexe opposé.

Les discriminations vis à vis des femmes dans le travail s’expriment par :

  1. Un accès plus difficile pour les femmes au marché de l’emploi.
  2. Des rémunérations moindres par rapport aux hommes pour un même travail.
  3. Un temps partiel très largement imposé aux femmes.
  4. Un meilleur accès pour les hommes aux emplois d’encadrement et de direction.
  5. Une éducation pérennisant la notion de filières traditionnellement féminines.
  6. Un congé parental de durée insignifiante pour les hommes.
  7. L’allocation parentale d’éducation qui incite les femmes à retourner au foyer.

Une politique de diversification des métiers des femmes

La diversification des métiers des femmes n’est possible que si des actions conjointes sont déployées dans l’éducation, l’information et par des aides aux entreprises. Une politique de sensibilisation dans les écoles est nécessaire mais ne suffit pas. Les filles, en effet, ont tendance à choisir des professions où elles ne seront pas discriminées en tant que femmes, c’est-à-dire des métiers à majorité féminine.

Aussi, pour que la répartition des sexes dans les métiers soit plus égalitaire, la politique d’information doit-elle être relayée à titre d’incitation temporaire, par :

  1. Des facilités offertes aux entreprises qui embauchent des femmes dans des secteurs jusqu’alors réservés aux hommes.

Des moyens contre les discriminations dans les entreprises

Pour lutter contre ces discriminations, nous proposons plusieurs types d’actions :

  1. Rendre obligatoire un congé parental d’égale durée aux deux parents après la naissance d’un enfant.
  2. Renforcer les moyens des services de l’inspection du travail et des Prud’hommes pour faire respecter le code du travail.
  3. Autoriser les associations anti-sexistes et anti-homophobie, comme les associations anti racistes, à se porter partie civile en cas de conflit concernant les classifications, qualifications, promotions et licenciements.
  4. Limiter le temps partiel en dessous de 80% (ce temps partiel étant presque toujours imposé aux femmes), en supprimant tous les abattements liés à ces emplois et en surtaxant les entreprises.
  5. Supprimer l’allocation parentale d’éducation.

LES COUPLES

Nous dissocions la sexualité, l’alliance, la procréation et la filiation : aucune de ces notions n’en impliquant forcément une autre, libre aux individu-e-s de les associer ensuite ou non. Libre à tous et toutes de vivre seul-e-s, à deux ou à plusieurs, aucun modèle de vie ne pouvant s’ériger en norme.

Nous demandons :

  1. L’accession au mariage pour les couples de même sexe.
  2. Le Pacte Civil de Solidarité.
  3. L’inscription au code civil du concubinage homosexuel.

Le PaCS en mettant sur le même plan les couples homosexuels et les couples hétérosexuels a non seulement permis une formidable visibilité, mais a montré aussi que les discriminations prennent leur sources dans l’absence de droits.

La notion d’alliance pour chacune (célibat, concubinage, PaCS, mariage) est du ressort de la vie privée, elle n’a pas à apparaître dans les documents de la vie courante (carnet de chèque, lettres ...).

Nous proposons une mesure pour une meilleure protection de la vie privée de l’individue :

  1. La disparition du statut d’Etat Civil de la femme (madame, mademoiselle).

Le fait de vivre à deux permettant une mutualisation des charges (logement...), le niveau de vie s’en trouve amélioré, il est donc injuste de favoriser fiscalement les couples. D’autant plus injuste que ces mesures fiscales ont pour but d’inciter les femmes à ne pas travailler.

Aussi demandons-nous :

  1. La suppression du foyer fiscal au profit d’une imposition séparée.
  2. L’égalité fiscale entre les célibataires, les divorcées, les mariées et les veuves.

LES PARENTALITES SANS DISCRIMINATIONS POUR LES LESBIENNES ET LES GAIS

Actuellement, dans le modèle familial traditionnel, le père se trouve dans un rôle de chef de famille et la mère dans des rôles de reproduction et d’amour énoncés comme naturels : “ si les mères font des enfants, c’est aux pères d’en faire des adultes ” (sic !). La division père/mère est plus qu’une division de genre. Les résistances à la parentalité des lesbiennes et des gais sont fortes car c’est ce modèle familial qui se trouverait alors bouleversé. Et c’est bien l’universalité supposée de ce modèle traditionnel actuel qui pose problème aux conservateurs de tous bords.

Demander l’égalité des droits en terme d’alliance pour les homosexuel-les, suffit-il aujourd’hui à répondre à toutes nos attentes ? Non.

  1. Nous exigeons une séparation entre les alliances et la filiation.
  2. En tant que féministes nous ne voulons plus être enfermées dans le rôle de mère (nous venons de voir l’articulation entre la discrimination professionnelle et le rôle de mère imposé aux femmes).
  3. En tant que les lesbiennes nous souhaitons ne pas être exclues de la parentalité (adoption) et de la maternité (Procréation Médicalement Assistée) accessibles jusqu’ici exclusivement par les hétérosexuelles.
  4. Nous voulons aussi conserver l’indépendance de mobilité géographique pour le parent qui a la garde de l’enfant vis-à-vis de l’autre parent.

La parenté biologique

Les femmes en couple hétérosexuel, sous certaines conditions, peuvent bénéficier de la PMA, ce qui n’est pas le cas des célibataires : cette restriction ne se justifie pas.

Interdire la PMA aux célibataires ou aux lesbiennes c’est confondre l’hétérosexualité, l’alliance et la procréation, de ce fait cette confusion est une atteinte à la liberté de la personne.

Aussi demandons-nous :

  1. Le droits à l’insémination artificielle :
  • sans critère médical
  • sans critère de sexualité
  • sans critère d’alliance.

Actuellement, le mari se prévaut de la paternité des enfants de son épouse, alors qu’il n’en est peut être pas le père biologique.

Nous demandons :

  1. L’abrogation dans le mariage de la présomption de paternité.
  2. L’attribution à l’enfant d’un nom de chaque parent qui le reconnaît.

La parentalité

Dans les années 70, les mouvements féministes ont lutté pour que les enfants soient tous désirés avec le libre choix de la contraception et de l’avortement. En tant que lesbiennes, nous demandons la liberté d’assumer les responsabilités parentales lorsque nous souhaitons les assurer. En aucun cas l’hétérosexualité ne peut être un gage d’amour et de responsabilité, seuls le désir et l’amour de l’enfant comptent. L’enfant crée la famille.

S’opposer à cette demande en prétextant que l’homophobie risque de discriminer les enfants, c’est non seulement entretenir cette discrimination mais c’est aussi introduire une condition morale au droit à la parentalité. Ce sont des atteintes inadmissibles à la liberté individuelle.

Nous voulons que disparaisse toute discrimination liée à l’homosexualité pour l’accès à la parentalité.

Pour une réforme de la responsabilité parentale

Pour ne pas être enfermées dans un rôle de mère, nous proposons l’assouplissement des règles de la responsabilité parentale pour autoriser le partage et le transfert de cette responsabilité.

Lorsqu’un des parents ne peut plus assumer sa responsabilité parentale, il doit pouvoir la transmettre à un tiers (transfert, assouplissement de la délégation parentale). Dans les familles monoparentales, le parent devrait pouvoir partager la responsabilité parentale avec un tiers. Il s’agirait soit de la compagne/compagnon quel que soit son type d’alliance, soit d’un proche. Ce partage ne doit se faire qu’avec l’accord de l’enfant lorsque celui ci peut s’exprimer. Par contre, il peut se faire sans accord de l’autre parent si celui-ci n’assure pas sa propre responsabilité.

Nous proposons que la responsabilité parentale s’obtienne soit par :

  • la reconnaissance de l’enfant,
  • l’adoption,
  • le transfert
  • le partage.

Nous demandons également :

  1. La légalisation du transfert de la responsabilité parentale (autorisé à partir de l’âge de 10 ans)
  2. La légalisation du partage de la responsabilité parentale.
  3. La disparition de l’accouchement sous X.

En développant les droits de l’enfant

  1. Pour toute décision contractuelle concernant l’enfant, son avis devra être entendu.

Pour une responsabilité sociale plus grande

Les familles monoparentales, à majorité composées de la mère et de son/ses enfant-s, vivent une réalité sociale très difficile. Les femmes assurent seules les charges et les responsabilités de la parentalité, leur niveau de vie s’en trouvant alors considérablement réduit. A cela s’ajoute le fait qu’elles travaillent le plus souvent à temps partiel ou à des rémunérations plus basses que les hommes. Aujourd’hui, nous pouvons parler de la pauvreté de certaines femmes. En fait, deux facteurs majeurs la conditionnent :

  1. Les discriminations liées au genre,
  2. Les charges liées à cette parentalité.

Nous sommes ici loin des modèles de la différentiation sexuelle mis en avant pour refuser des droits aux homosexuels-les. Ces modèles théoriques, en effet, masquent la réalité suivante : les femmes assurent des charges et un travail social considérables, ceci tout en restant économiquement beaucoup plus pauvres que les hommes.

Nous voulons :

  1. L’étude de solutions au niveau national pour développer plus largement des activités éducatives et sportives hors du cadre scolaire, de façon à ce qu’un relais éducatif soit proposé.
  2. Le développement d’équipements collectifs (crèches, services...) et l’extension de leurs horaires d’ouverture d’accueil.

POUR UNE VRAIE POLITIQUE DE SANTE

La politique de santé en France n’est pas aujourd’hui satisfaisante. Réduites pendant longtemps à l’image d’un ventre porteur, les femmes ont, grâce aux luttes féministes, su obtenir de la part du corps médical une attention particulière en tant que personne. Depuis plusieurs années pourtant cette situation se dégrade : des commandos anti- avortement font irruption dans les blocs opératoires, la formation des gynécologues est interrompue, le préservatif féminin a mis une dizaine d’années pour obtenir son autorisation de mise sur le marché ... C’est contre ce retour de bâton que nous protestons.

Dans les années 80 les associations homosexuelles de lutte contre le SIDA ont montré la voie pour que s’instaure une nouvelle relation entre le malade et le médecin. Devant l’urgence de la maladie plus personne ne peut s’appeler “ patient ”. Certains médecins l’on compris mais la majorité d’entre eux continue encore à traiter les malades comme des personnes ignorantes et soumises. Le corps médical est immobilisé dans de vieux carcans. Si nous ne bougeons pas ce n’est pas lui qui changera. Le savoir médical est à prendre. C’est pour les droits des malades que nous devons nous mobiliser.

La Santé Publique en France est le parent pauvre de la politique de santé. Les campagnes de prévention se font rares, les nuages radioactifs s’arrêtent toujours à nos frontières. Les Français ne sont pas suffisamment informés des risques que représentent la consommation de certains produits (transgéniques et autres), du besoin de consulter un médecin, des possibilités d’accueil de l’hôpital. C’est une véritable politique de santé publique que nous demandons.

Contre le retour en arrière nous proposons :

  1. La possibilité pour les mineures d’avorter sans l’accord parental.
  2. De nouveau une formation des gynécologues, seul-e-s véritables interlocuteur-ice-s des femmes.
  3. L’accès des femmes à la péridurale à leur simple demande et ceci dans toutes les maternités.
  4. L’accès élargi des essais thérapeutiques aux femmes

Pour le droit des malades nous proposons :

  1. Une réforme de la formation médicale : prise en compte par le médecin de la nécessité d’écoute du patient, de la dimension humaine malade – médecin, des problèmes de la douleur, de l’accès aux soins palliatifs, de tous les aspects psycho-sociaux de la personne.
  2. L’interdiction sous peine de poursuites judiciaires de prescrire un traitement psychiatrique dur électrochoc ou un internement pour homosexualité.
  3. L’accès direct pour quiconque de son dossier médical.
  4. L’accès pour tous les malades à un traitement anti-douleurs adapté à la douleur exprimée par le malade
  5. L’interdiction des discriminations des assureurs vis - à - vis des personnes présentant des maladies chroniques cancer, sida…
  6. Le respect par les praticiens hospitaliers de la charte du patient hospitalisé.
  7. L’interdiction des expulsions d’étrangers atteints de pathologie graves.

Pour une véritable politique de santé publique nous proposons :

  1. Une politique de prévention étendue et plus fréquente en direction des femmes pour ce qui concerne leurs pathologies spécifiques cancers gynécologiques…
  2. Une politique de prévention en direction des lesbiennes par des campagnes d’informations sur la nécessité de leur suivi gynécologique.
  3. Une politique de prévention par des campagnes d’information sur les risques de sida, MST, ciblées vers les personnes ayant des comportements à risque.
  4. Des campagnes d’information sur la sexualité, la contraception.
  5. Une sensibilisation des médecins à la sexualité des lesbiennes.
  6. L’accès public aux études de santé publique quel qu’elles soient enquête sur les radiations, les pollutions chimiques ... .
  7. Une politique d’information concernant les drogues illégales.

CONCLUSION

L’inégalité sociale entre les sexes n’est plus occultable. La construction actuelle des genres qui veut que les femmes soient réduites à des emplois subalternes, à des temps partiels, qu’elles effectuent une double journée de travail pour mieux occuper le rôle de mère n’est plus acceptable. Moins le métier est valorisant pour les femmes, plus elles risquent de s’investir dans le rôle maternel et plus elles se fragilisent professionnellement. Leur double journée est d’autant plus d’actualité que les hommes aujourd’hui en sont les seuls bénéficiaires, gardant le pouvoir économique et social. Or la parentalité homosexuelle remet en cause la division des rôles père/mère. L'argumentaire de la différenciation sexuelle avancé aux lesbiennes et aux gais n’est qu’un masque : ce que les conservateurs ne veulent pas dire c’est leur volonté de garder les rôles du père et de la mère tels qu’ils sont actuellement définis.

La disparité des situations des femmes montre aussi un ensemble de facteurs discriminatoires qui peuvent se conjuguer. Les discriminations sexistes ne peuvent pas être résolues par des mesures ponctuelles mais par une politique coordonnée avec au centre la volonté d’une remise en cause des classifications en genres féminin et masculin et des rôles mère/père.

Lesbiennes, nous ne faisons que demander plus de justice pour les femmes, les lesbiennes, les gais et l’ensemble de la société. Demande au cœur du politique et enjeu de développement économique et social de la France et de l’Europe.

Alia Rondeaux et Sophie Courtial-Destembert

Propagande Gender sous couvert d'égalité

"...Fin 2012, l'initiative avait suscité de vives critiquesSur RMC, la présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP avait estimé qu'il fallait "arrêter de donner d'autres rôles à l'école". Sur ce point, avait jugé Valérie Marty, "c'est peut être aux adultes de changer leur comportement pour que les enfants et la société future soient différent". Pour le vice-président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson, cette égalité-là "entendait la volonté de raboter toutes les différences, naturelles, objectives et psychologiques."..."

http://www.bfmtv.com/societe/egalite-hommes-femmes

Théorie du genre : choisissez de ne pas choisir

"...Nous avions appris à un moment donné de notre vie ordinaire d’hétéro non moins ordinaires que des personnes pouvaient devenir des transsexuel(le)s. Najat Belkacem et sa théorie du genre étant passées par là, nous sommes maintenant priés de dire « transgenres ». C’est du pareil au même, mais ce n’est plus stigmatisant..."

http://www.bvoltaire.fr/carolineartus/theorie-du-genre-choisissez-pas-choisirchoisissez de ne pas choisir